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Remarques préliminaires : “Une décennie après l’Accord de Paris : agir pour réaliser la promesse sociale” (Paris, 8 décembre 2025)

Telles que préparées pour être délivrées

Mesdames et Messieurs, chers collègues,

Il y a dix ans, à Paris, la communauté internationale a reconnu une réalité fondamentale. Non seulement l’urgence du changement climatique, mais aussi le fait que toute action efficace en faveur du climat doit être centrée sur les personnes et les placer au cœur de ses préoccupations.

L’Accord de Paris l’a clairement énoncé. Son préambule appelait les Parties à respecter les droits de l’homme, à protéger les personnes vulnérables, à promouvoir la santé, l’égalité des genres, l’autonomisation des femmes et l’équité intergénérationnelle.

Aujourd’hui, l’urgence demeure, car la crise climatique s’intensifie. De plus, le défi est plus complexe car les budgets sont serrés et d’autres priorités en matière de développement se font concurrence.

Pour toutes ces raisons, il est d’autant plus important que chaque euro que nous investissons génère le plus grand bénéfice possible pour les citoyens, les populations et notre avenir commun.

C’est pourquoi il faut donner la priorité aux bénéfices connexes, c’est-à-dire aux actions qui servent plusieurs objectifs de développement simultanément. Des actions qui ont un impact fort et font progresser la dimension sociale de l’Accord de Paris.

Lorsque nous plaçons les personnes au centre, nous renforçons la cohésion sociale. Nous garantissons une transition inclusive et juste pour tous.

Si nous voulons que la prochaine décennie de l’Accord de Paris soit couronnée de succès, nous devons renforcer ses fondements sociaux. Les mesures en faveur du climat ne perdureront que si elles visent à améliorer les conditions de vie, à protéger les personnes vulnérables et à renforcer le tissu social de nos sociétés.

Cette attention portée aux bénéfices connexes s’inscrit naturellement dans le mandat de la Banque de Développement du Conseil de l’Europe, la CEB.

La CEB a été créée en 1956 avec un mandat exclusivement social : promouvoir la cohésion sociale en Europe en finançant des projets d’investissements sociaux qui soutiennent les personnes vulnérables.

Dans nos 43 États membres, nous traduisons la résilience sociale en actions concrètes. Nous le faisons de plusieurs manières :

  • investissements dans l’éducation, la santé et le logement.
  • Nous concevons des projets qui répondent aux impacts sociaux des politiques relatives au climat.
  • Nous veillons à ce que les ménages les plus pauvres ne soient pas les plus touchés par la hausse des coûts de l’énergie ou des transports.
  • Nous veillons à ce que les groupes vulnérables puissent participer pleinement à la transition et en tirer parti. Nos programmes de logements économes en énergie dans les Balkans occidentaux en sont un exemple.
  • Nous contribuons à créer de nouvelles opportunités économiques pour les travailleurs et les PME dans les régions en transition vers industrielle, comme en témoignent nos investissements dans l’entrepreneuriat dans les régions charbonnières de la République tchèque.
  • Nous investissons également dans des infrastructures sociales essentielles. En Türkiye, pour ne citer qu’un exemple, nous soutenons des établissements de santé résilients au changement climatique qui protègent les populations des conséquences sociales des phénomènes météorologiques extrêmes.

Ce faisant, la CEB contribue directement à la promesse fondamentale de l’Accord de Paris : l’ambition climatique doit aller de pair avec la cohésion sociale.

Cette idée se retrouve dans toutes les initiatives mondiales : le programme “Just Transition”, le Pacte vert pour l’Europe, l’Accélérateur mondial pour l’emploi et la protection sociale de l’OIT.

Toutes s’accordent sur un point politique crucial : aucune transition climatique n’est viable à long terme si elle n’est pas ancrée dans la société.

Au cours de la décennie à venir, les banques multilatérales de développement et les gouvernements devront adopter des stratégies de transition pleinement intégrées :

  • Où les programmes d’énergie renouvelable renforcent également les marchés du travail et les compétences locales.
  • Des infrastructures résistantes aux inondations qui permettent également d’améliorer l’accès aux services essentiels.
  • Des investissements dans le logement qui réduisent également la précarité énergétique et élargissent les opportunités pour les ménages vulnérables.

Dans dix ans, le succès ne se mesurera pas uniquement en gigatonnes et en degrés Celsius. Il se mesurera également à l’aune de la résilience des populations, de l’équité des chances at de la viabilité politique des ambitions climatiques.

L’Accord de Paris nous a donné un cadre. Notre tâche pour la décennie à venir est de tenir ses promesses sociales.

Face aux pressions démographiques, aux défis en matière de sécurité, aux disparités territoriales et à la réduction de la marge de manœuvre budgétaire en Europe et dans les pays voisins, la CEB se tient prête.

Prête à soutenir nos États membres. Prête à renforcer la cohésion sociale. Prête à favoriser des progrès équitables parallèlement à l’action en faveur du climat.

Je vous souhaite de mener des discussions fructueuses.