Créer des opportunités. Soutenir l’inclusion
La microfinance est essentielle à la réussite de milliers de très petites entreprises ; au cours des dix dernières années, la CEB a accordé des prêts pour plusieurs millions d’euros à des fournisseurs de microcrédit.
L’Union européenne définit un
microfinancement comme un
microcrédit, ou un prêt, plafonné
à € 25 000. Dans nombre d’États
membres de la CEB, la microfinance
offre une seconde chance aux chômeurs
et ouvre les portes de l’entrepreneuriat
à certaines franges de la population
parmi les plus défavorisées d’Europe,
notamment les jeunes, les réfugiés et les
personnes issues de l’immigration.
Pour la CEB, offrir des opportunités
professionnelles et économiques durables
pour les migrants, les réfugiés et d’autres
groupes de population vulnérables
permet de renforcer la cohésion et de
lutter contre les inégalités, l’exclusion
et la marginalisation. La Banque est
consciente du rôle crucial joué par la
microfinance dans la promotion de
l’inclusion sur le marché du travail et
accorde depuis de nombreuses années
des financements aux institutions de microcrédit ou aux banques proposant
des lignes de crédit spéciales pour les
catégories de population défavorisées.
Le rôle de la CEB dans le microfinancement
Depuis 2008, la CEB a approuvé huit prêts à destination de fournisseurs de microcrédit de cinq pays, pour un montant supérieur à € 300 millions.
En Espagne, la Banque a accordé près de € 300 millions à MicroBank, la seule banque du pays spécialisée dans la microfinance. Elle y a ajouté en janvier 2017 un prêt de € 100 millions destiné à soutenir une initiative ambitieuse et à visée résolument sociale conçue pour promouvoir l’entrepreneuriat, favoriser la croissance économique, créer des emplois et aider les individus ainsi que leur famille à surmonter les difficultés financières temporaires et à accéder au système bancaire formel.
“L’aide financière considérable accordée par la CEB entre 2008 et 2011, alors que la prime de risque du système financier espagnol atteignait des records, a joué un rôle fondamental dans la pérennité de notre activité et nous a permis de nous développer tout en proposant à nos clients des conditions extrêmement concurrentielles,” résume un porte-parole de MicroBank.
En Italie, touchée par des difficultés
économiques similaires, la CEB a apporté
son soutien à PerMicro au moyen d’un prêt
de € 6 millions approuvé en 2013. Créée
en 2007, PerMicro cherche à promouvoir
l’inclusion financière en faveur des
personnes exclues du système bancaire
faute de garanties ou antécédents de
crédit, ou simplement parce qu’elles se
trouvent dans une situation professionnelle
précaire. Aujourd’hui, PerMicro opère dans
tout le pays en associant à sa démarche de
gestion commerciale des objectifs sociaux.
Créer des opportunités pour les jeunes
Malgré la reprise qui a fait suite à la crise
économique, le chômage chronique des
jeunes continue de sévir en Europe et
compromet les perspectives économiques
et sociétales de toute une génération.
L’entrepreneuriat peut constituer
une arme puissante contre le chômage,
mais les difficultés d’accès aux
financements sont un obstacle majeur
pour les futurs entrepreneurs. Les jeunes
sont désavantagés : leurs économies
personnelles et leurs antécédents de
crédit sont limités, et il leur est par
conséquent difficile d’obtenir un
financement externe.
Une source de financement vitale pour les réfugiés et les migrants
Le secteur de la microfinance répond
aux besoins des personnes issues de
l’immigration qui n’ont pas accès au
système bancaire traditionnel. Rarement
en mesure de satisfaire aux exigences
bancaires, ces clients se tournent vers le
microcrédit, qui est pour ainsi dire la seule
source de financement disponible dans
leur cas.
Vardan Babayan a fui l’Arménie à
une époque où le pays était en proie aux
conflits internes. Il est passé par la Russie,
l’Ukraine et l’Autriche avant d’arriver en Italie en 2012. Après avoir essuyé les refus des
banques locales et cherché du travail pendant
un an à Florence, sans succès, il a fini par trouver
PerMicro. Grâce à un microcrédit professionnel,
il a ouvert “Ararat Le Bracerie”, un café servant
des spécialités arméniennes.
“C’était ma chance d’ouvrir un petit coin
d’Arménie en Italie et de me sentir chez moi”,
raconte-t-il. “Je n’avais pas d’autre option,
aucun plan de secours.”
Doper l’emploi et l’employabilité
La microfinance renferme un grand potentiel en matière de création et de maintien d’emplois.
- Au cours des dix dernières années, les
microcrédits accordés par MicroBank ont
contribué à la création de 185 000 postes.
- 125 000 entrepreneurs ont bénéficié d’un
microcrédit, dont une grande partie exerce
une activité indépendante.
- 69% des clients de MicroBank affirment qu’ils
n’auraient pas pu mettre leur projet en œuvre
avec leurs seules ressources.
Les répercussions de la microfinance vont même au-delà, en contribuant à améliorer l’employabilité.
- Selon MicroBank, 29% des entrepreneurs qui
sont aujourd’hui salariés pensent que leur
expérience de créateur d’entreprise les a aidés
à obtenir leur poste.
- Par ailleurs, 14% des chômeurs envisagent de
créer leur propre entreprise.
Des avantages considérables
Selon PerMicro, ses microcrédits ont permis à 500 entrepreneurs et 1 600 familles n’ayant pas les garanties requises de trouver une source de financement en l’espace de six ans. L’accès au système financier formel va de pair avec l’intégration, car l’inclusion financière est une condition indispensable à l’inclusion sociale, non seulement pour les migrants et les jeunes, mais pour tous les membres de la société. “Il est important de souligner les répercussions positives des microcrédits professionnels pour l’administration publique italienne, précise Andrea Limone, PDG de PerMicro, notamment l’augmentation des recettes de l’État et la baisse des dépenses publiques à hauteur respectivement de € 12 millions et de € 3 millions chaque année.”
Un tremplin pour les pays cibles
La microfinance exerce un attrait croissant
dans certains pays cibles de la CEB, confrontés
à des taux de chômage élevés et à des systèmes
de crédit rigides et coûteux. Dans de telles
conditions, seules quelques rares sociétés
existantes, et pour ainsi dire aucune jeune
pousse, sont en mesure de contracter un prêt
aux taux d’intérêt du marché.
En bref
-
38%
des clients de MicroBank ont moins de 35 ans
-
50%
des clients de Per Micro ont moins de 35 ans, et 59% sont issus de l’immigration