Logements pour des personnes vivant en centres collectifs en Bosnie-Herzégovine
Vingt ans après la fin de la guerre, 138 000 personnes en Bosnie-Herzégovine n’ont toujours pas pu regagner leur domicile. Le prêt de 60 millions d'euros accordé par la CEB servira à offrir un logement permanent à ceux qui vivent dans des centres d’hébergement collectif.
Melisa Osmic est née en 2006, plus de dix ans après la fin
de la guerre en Bosnie-Herzégovine, dans le camp de Mihatovici, un centre d’hébergement
collectif temporaire situé près de la ville de Tuzla. Six ans plus tard
naissait Samir, son frère. Leurs parents, Mevludin et Samira, ont été déplacés
à l’intérieur de leur propre pays en 1995. La maison familiale ayant été
détruite, ils n’ont nulle part où aller.
Au cours de la guerre qui a fait rage en Bosnie-Herzégovine de 1992 à 1995, près de la moitié des habitants du pays ont dû quitter leur habitation. Le secteur du logement a été dévasté : 40% du parc immobilier a été détruit ou dégradé. Plus de 20 ans après la fin de la guerre, 138 000 personnes déplacées n’ont toujours pas pu regagner leur domicile.
Mevludin et Samira Osmic sont tous deux sans emploi. Mevludin élève des chèvres et gagne un peu d’argent en vendant du lait et de la viande. Samira fait toutes sortes de petits travaux pour compléter les maigres revenus du foyer. Cette famille de quatre personnes vit dans 30 m2.
Le chômage est l’une des raisons principales pour lesquelles certaines personnes vivent encore dans des centres d’hébergement collectif. D’autres y ont été contraintes par leur âge avancé ou leur santé déclinante, liée notamment à un handicap ou une maladie chronique.
C’est le cas de Slava Bartula, une cinquantenaire aveugle qui
vit depuis dix ans dans le centre d’hébergement collectif de Podromanija.
Elle partage son domicile avec Mira Krsmanovic (53 ans), qui est
malentendante et souffre d’un handicap mental. Beaucoup de personnes comme
elles étaient dépendantes de services sociaux qui ont été interrompus par le
conflit et n’ont pas été rétablis durant la reconstruction d’après-guerre.
La CEB finance des logements sociaux
En 2013, la CEB a approuvé un prêt de 60 millions d'euros en faveur de la Bosnie-Herzégovine destiné à construire ou rénover des logements pour au moins 7 200 personnes vivant encore dans des centres d’hébergement collectifs ou dans d’autres formes d’habitation temporaire dans tout le pays.
Deux types d’habitation seront proposés : des logements sociaux (appartements) et des unités d’hébergement avec services d’assistance au sein d’institutions de protection sociale, notamment des centres de gériatrie et de soins psychiatriques.
Chaque personne déplacée à l’intérieur des frontières recevra un nouveau logement permanent et les personnes handicapées recevront l'assistance nécessaire.
La collaboration entre la CEB et la Bosnie-Herzégovine n’est pas nouvelle ; elle date de 1996, année où la Banque a financé la mise en œuvre d’une aide médicale d’urgence (appareils orthopédiques entre autres) en faveur des victimes de la guerre.
Le projet complète le Programme régional de logement qui cible en priorité les rapatriés et les réfugiés les plus vulnérables qui ne disposent pas d’une solution d’hébergement durable.