De la graine à la fleur : l’histoire d’Iuliana Vedi

ans le village de Matca, dans l’est de la Roumanie, des rangées de fleurs aux couleurs vives s’étendent sous les arceaux des serres. Même lors des matins gris, l’endroit regorge de fleurs colorées – roses, rouges et jaunes soigneusement disposés en lignes ordonnées, prêtes à être livrées dans les villes à travers le pays.

Dans le village de Matca, dans l’est de la Roumanie, des rangées de fleurs aux couleurs vives s’étendent sous les arceaux des serres. Même lors des matins gris, l’endroit regorge de fleurs colorées – roses, rouges et jaunes soigneusement disposés en lignes ordonnées, prêtes à être livrées dans les villes à travers le pays.

Pour Iuliana Vedi, ces serres représentent bien plus qu’une simple activité commerciale. Elles sont le fruit d’années de persévérance, d’apprentissage et de longues heures de travail, souvent tard dans la nuit après une journée bien remplie à l’hôpital. Mère de trois enfants, assistante médicale et désormais étudiante en horticulture, Iuliana jongle entre plusieurs rôles tout en dirigeant l’entreprise horticole florissante de la famille Vedi.

Tout a commencé en 2014, avant même d’échanger leurs vœux, Iuliana et son mari contractent ensemble leur premier emprunt pour lancer une petite activité maraîchère. L’aventure ne se passe pas tout à fait comme prévu.

Aujourd’hui, les serres de la famille Vedi produisent des fleurs et des plantes ornementales qui sont livrées à des clients dans toute la Roumanie, notamment des municipalités et des partenaires locaux qui les utilisent pour embellir les espaces publics. Mais cette transition a nécessité de la patience, et des investissements.

Vedi family greenhouse produces flowers and ornamental plants that reach clients across Romania
Vedi family greenhouse produces flowers and ornamental plants that reach clients across Romania

Une entreprise construite pas à pas

Le parcours de la famille Vedi est étroitement lié à sa relation de longue date avec Patria Credit, une institution de microfinance roumaine spécialisée dans le soutien aux entrepreneurs ruraux.

“Pour nous, Patria Credit, c’était comme nos parents”, explique Iuliana. “C’était l’élan, cette impulsion qui vous pousse à aller de l’avant.”

Cette relation remonte à plus de douze ans, au cours desquels Iuliana a contracté plus de dix prêts. Ce chiffre raconte à lui seul une histoire : non pas une grande percée, mais une série de petits investissements réfléchis qui se sont cumulés au fil du temps.

L’un de ces moments reste particulièrement gravé dans sa mémoire. Le système de chauffage de la serre allait arriver, un camion était déjà en route, et Iuliana manquait de fonds. Il lui restait une semaine, tout au plus. Elle a appelé son conseiller en crédit, George. “Lui a fait l’impossible”, se souvient-elle. Le prêt a été accordé en quatre jours.

“Nous avons commencé avec très peu d’argent et très peu de plantes”, dit-elle, “et en quatre ans, nous avons fait ce que d’autres mettent 20 ans à accomplir.”

“Nous avons commencé avec très peu d’argent et très peu de plantes”, dit-elle, “et en quatre ans, nous avons fait ce que d’autres mettent 20 ans à accomplir.”

Iuliana Vedi, entrepreneuse

Pourquoi les femmes rurales, et pourquoi cela compte

Selon Raluca Andreica, PDG de Patria Credit, soutenir les entrepreneurs ruraux, c’est construire des partenariats durables.

“Au-delà du financement, nous donnons généralement des conseils, par l’intermédiaire de nos collègues, sur la manière de financer ou de développer l’activité, sur la trésorerie et les opportunités locales. Nous facilitons les échanges entre nos clients issus des populations locales. C’est un engagement à long terme.”

Raluca Andreica a consacré sa carrière à la microfinance en Roumanie, un pays qui compte le plus grand nombre de très petites exploitations agricoles en Europe : plus d’un million. C’est également un pays où, pour de nombreuses femmes des zones rurales, créer une entreprise relève moins d’un choix que d’une nécessité.

“Pour de nombreuses femmes entrepreneurs rurales, c’est davantage le courage que l’opportunité qui les a poussées à se lancer”, explique-t-elle. “Ce qui leur manque en capital, elles le compensent par leur détermination, leur créativité et leur profond attachement à leurs communautés.”

La CEB finance des institutions comme Patria Credit précisément pour accorder des crédits là où les banques traditionnelles ne le font pas. En Roumanie, où 28% des clients de Patria Credit n’ont pas accès aux services bancaires, ce fossé est bien réel.

“L’agriculture est très fragmentée en Roumanie, la plupart des agriculteurs cultivant de petites parcelles (moins de 5 hectares) ; compte tenu du manque de confiance dans le système bancaire traditionnel, il leur est très difficile de développer leur activité”, explique Wassila Dridi, Responsable de Pays de la CEB pour la Roumanie.

“Ce qui m’a impressionnée chez Patria Credit, c’est qu’ils placent véritablement le client au premier plan. Nous sommes heureux de nous associer à Patria Credit pour soutenir le développement de la microfinance en Roumanie.”

“Ce qui m’a impressionnée chez Patria Credit, c’est qu’ils placent véritablement le client au premier plan. Nous sommes heureux de nous associer à Patria Credit pour soutenir le développement de la microfinance en Roumanie.”

Wassila Dridi, Responsable de Pays de la CEB pour la Roumanie.

Afin de déterminer si ce financement avait un impact réel, la CEB, par l’intermédiaire de la Plateforme de conseil InvestEU, a accompagné Patria Credit dans le développement d’une étude approfondie sur l’impact social de ses activités de microfinancement.

Les conclusions étaient claires : près de la moitié des clients ont fait état d’une augmentation de leurs bénéfices, 96% ont investi dans leur entreprise au cours des trois dernières années, et les femmes, bien qu’elles ne représentent que 24% des chefs d’entreprise parmi la clientèle, participent à la gestion de 88% des entreprises financées.

“Nous ne faisons pas des transactions. Nous construisons des relations.”

“Nous ne faisons pas des transactions. Nous construisons des relations.”

Raluca Andreica, PDG de Patria Credit

L’étude montre également que le soutien aux femmes entrepreneurs génère des avantages plus larges qui vont au-delà de l’entreprise elle-même.

“Lorsque nous soutenons les femmes entrepreneurs, l’impact se multiplie beaucoup plus rapidement”, explique Mme Andreica. “Nos conclusions sur l’impact social montrent que les femmes réinvestissent davantage dans l’éducation, la santé et la stabilité du foyer. Un soutien à long terme renforce la confiance, la stabilité et favorise la transition intergénérationnelle.”

“L’étude ne se contente pas de démontrer les résultats obtenus par Patria Credit jusqu’à présent, mais elle éclairera également sa stratégie future afin de lui permettre d’atteindre un plus grand nombre d’entrepreneurs vulnérables,  notamment des femmes.”

“L’étude ne se contente pas de démontrer les résultats obtenus par Patria Credit jusqu’à présent, mais elle éclairera également sa stratégie future afin de lui permettre d’atteindre un plus grand nombre d’entrepreneurs vulnérables, notamment des femmes.”

Kristina Maslauskaite, Conseillère technique en microfinance, à la CEB

À quoi ressemble une journée type

Iuliana décrit sa journée type sans se plaindre, mais son récit ressemble à une liste de tout ce qu’une journée mouvementée peut impliquer.

D’abord, les enfants. Puis le travail à la clinique. Ensuite, la serre, où elle reste jusqu’à minuit. Son mari a installé des lumières pour qu’elle puisse continuer à travailler après la tombée de la nuit. Le samedi, elle se rend à l’université, pour suivre un programme d’enseignement à distance en horticulture auquel elle s’est inscrite cette année, car elle souhaitait, comme elle le dit, “acquérir un niveau d’expertise plus élevé.”

Elle qualifie cette combinaison de travail et de passion “plaisir”. Lorsqu’on lui demande comment elle arrive à tout concilier, sa réponse est brève : “Je suis forte.

Iuliana Vedi at her greenhouse

Le sens de la croissance

Lorsqu’on lui demande si elle espère que ses enfants travailleront un jour dans le domaine des fleurs, Iuliana répond oui, du moins pour l’un d’entre eux. Il lui arrive parfois de les emmener à l’université avec elle, juste pour leur montrer la beauté de l’horticulture.

“Je suis passée d’assistante médicale à horticultrice”, dit-elle, en notant que les gens sont souvent surpris. La différence, plaisante-t-elle, c’est qu’en tant qu’assistante médicale, on reste propre. “Ici, on a les mains sales tout le temps.”

Cela ne semble pas la déranger.

“C’est un travail difficile”, dit-elle, “mais c’est magnifique.”

Video: From seed to bloom

Cette opération bénéficie du soutien de l'Union européenne dans le cadre du Fonds InvestEU.