Un abri sûr pour les migrants et les réfugiés en Serbie
Dans le centre d’accueil d’Adaševci, situé à la frontière séparant la Serbie de la Croatie, près de 1 000 migrants et réfugiés, originaires de 12 pays différents, cohabitent en paix. Aucun d’entre eux n’avait prévu de se retrouver là.
Dans le centre d’accueil d’Adaševci, situé à la frontière séparant
la Serbie de la Croatie, près de 1 000 migrants et réfugiés,
originaires de 12 pays différents, cohabitent en paix. Aucun d’entre eux
n’avait prévu de se retrouver là.
Adele Shirza, 28 ans, a quitté l’Afghanistan accompagnée de son mari et de ses deux jeunes enfants pour s’embarquer dans un périple qui aura duré 11 mois. Son rêve ? Atteindre l’Allemagne où elle espère s’installer et trouver du travail dans son domaine. En raison du renforcement des contrôles aux frontières le long de la route des Balkans, la petite famille s’est toutefois retrouvée bloquée en Serbie, où elle attend d’être autorisée à continuer son chemin.
On compte actuellement 6000 migrants et réfugiés en Serbie.
S’il est vrai que le pays disposait de plusieurs centres d’accueil avant la crise migratoire, ces derniers n’étaient absolument pas équipés pour recevoir un si grand nombre de personnes susceptibles de devoir rester pendant des mois. En l’absence de logement, quel qu’il soit, nombre de migrants se sont vus forcés de dormir dehors, souvent par temps froid, mettant leur santé en danger et s’exposant aux vols et à la violence, les plus vulnérables étant les femmes et les enfants.
Le MRF appuie le renforcement des capacités
Sans l’aide de la CEB, il n’aurait pas été possible de fournir des abris sûrs et sécurisés aux migrants, réfugiés et demandeurs d’asile en situation vulnérable. À l’aide de la subvention de € 500 000 accordée par le Fonds pour les migrants et les réfugiés (MRF), l’Organisation internationale pour les migrations a pu transformer un ancien motel d’Adaševci situé à la frontière croate et une usine de Vladičin Han qui avait fermé ses portes, proche de la frontière avec “l’ex-République yougoslave de Macédoine”, pour en faire deux centres d’accueil à même d’accueillir les migrants et les réfugiés en toute sécurité.
Les travaux de reconstruction consistaient à rénover les infrastructures existantes, à mettre en place des installations sanitaires, et à fournir du mobilier de base et des équipements essentiels qui soient conformes aux normes internationales.
Ces nouveaux centres d’accueil ont permis à la Serbie d’honorer l’engagement qu’elle avait pris conjointement avec les pays des Balkans occidentaux, à savoir, renforcer sa capacité à héberger les migrants dont le séjour était de plus longue durée.
“Cela fait plus de quatre mois que nous vivons dans le centre d’Adaševci et je suis très heureuse qu’on nous ait trouvé une chambre, car nous n’avons pas à vivre sous une tente. Tout le monde est très gentil ici et l’on fait beaucoup de choses pour les enfants”, explique Adele.
Le centre est dirigé par le Commissariat aux
réfugiés de la République de Serbie, qui fournit à ses résidents trois repas
par jour et un accès 24 h/24 aux services de santé. Les enfants comptent
pour la moitié de la population du centre. Nombre d’entre eux sont des mineurs
non accompagnés.
Dragan Velimirović, le coordinateur du centre d’accueil d’Adaševci, affirme que le Commissariat aux réfugiés a mis à contribution la société civile afin d’organiser des activités et des jeux pour les enfants, qui peuvent ainsi participer à des ateliers artistiques, apprendre l’anglais ou l’allemand, ou même la couture.
“Notre objectif est de former les réfugiés à un travail et d’apprendre des langues aux enfants, afin qu’ils soient prêts lorsqu’ils quitteront la Serbie pour se rendre dans un pays de l’Union européenne”, ajoute M. Velimirović.
En attendant, les personnes qui ne sont pas encore parties cherchent à tirer le meilleur de la situation. “Je sais bien que la vie dans les camps ne vaut pas la vie chez soi, mais j’essaie de rester positive et de faire en sorte que notre séjour ici soit aussi agréable que possible, raconte Adele. Je me sens en sécurité en Serbie.”