La CEB célèbre plus de 10 milliards d’euros d’obligations d’inclusion sociale : leur impact est considérable !
Blog par Felix Grote, Responsable du financement à long terme
Depuis l’émission inaugurale d’une obligation d’inclusion sociale (SIB) en 2017, la Banque de Développement du Conseil de l’Europe (CEB) a franchi cette année le cap des 10 milliards d’euros. Il s’agit d’une étape importante pour la Banque, car elle témoigne non seulement de son engagement de la première heure en faveur du développement d’un marché des obligations sociales, mais aussi du vif intérêt de la communauté des investisseurs pour le produit financier qui porte sa marque de fabrique. Dans ce blog, j’aimerais partager avec vous un parcours novateur qui a débuté il y a près de dix ans.
Schéma 1 : un parcours novateur

Les SIB sont un type d’obligation sociale dont le produit est utilisé par la CEB pour financer des investissements sociaux. Cet instrument financier incarne le mandat de la Banque et l’expertise qu’elle a acquise pendant près de sept décennies dans le financement de projets d’investissement social au service des personnes vulnérables.
En 2017, lorsque la première SIB a été émise, il s’agissait d’une transaction révolutionnaire car le marché des obligations sociales en était à ses balbutiements. La CEB, l’un des fondateurs du groupe de travail sur les obligations sociales de l’Association internationale des marchés de capitaux (ICMA), a travaillé en étroite collaboration avec ICMA pour développer un marché des obligations sociales, ainsi que pour définir des directives appropriées à ce nouvel instrument.
Devant choisir le type de projets que les SIB financeraient, la CEB a identifié trois secteurs d’investissement d’importance stratégique : l’éducation, le logement social et les prêts aux micros, petites et moyennes entreprises (TPE-PME), le secteur de la santé ayant été ajouté en 2020. Mais cet instrument de financement innovant s’est avéré extrêmement polyvalent au fil des ans, permettant à la Banque d’adresser rapidement les crises sociales récentes - en particulier la pandémie de COVID-19 et la guerre en Ukraine - en répondant efficacement aux besoins urgents d’investissements sociaux de ses 43 pays membres.
Partie d’une seule transaction en 2017, la CEB a progressivement augmenté les volumes d’émission de SIB (Schéma 2), ces obligations représentant aujourd’hui plus de 40% du programme de financement annuel de la Banque. En outre, grâce à la nature dynamique et très diversifiée des prêts sociaux de la Banque, nous avons décidé d’offrir une gamme plus large de produits SIB, tels que des augmentations sur les lignes en cours et des émissions dans différentes devises au-delà de l’euro et du dollar américain, incluant ainsi le dollar australien, le dollar canadien, la couronne norvégienne et la couronne suédoise. Avec cette stratégie, la CEB a voulu renforcer l’ensemble du marché des obligations sociales et offrir aux investisseurs des options d’investissement ESG plus larges et viables.
Schéma 2 : Le volume global (agrégé) des émissions d’obligations d’inclusion sociale a atteint en juin 2024 l’équivalent de près de 11 milliards d’euros libellés dans six devises

En avril de cette année, nous avons franchi une nouvelle étape importante : l’émission de notre SIB syndiquée la plus large à ce jour, d’un montant de 1,25 milliard d’euros sur une durée de 7 ans.
La CEB a exercé une influence notable sur le marché des obligations sociales et reste déterminée à encourager l’innovation dans le domaine de la finance durable. Son travail considérable a également été reconnu sur le marché à travers un certain nombre de prix, notamment le “2023 Best ESG Issuer” par CMDportal et le “Social Bond of the Year - supranational” par Environmental Finance.
Cela n’aurait pas été possible sans le soutien de la communauté des investisseurs. La Bourse de Luxembourg (LuxSE), en particulier, ainsi que le Luxembourg Green Exchange (LGX), ont été des partenaires dédiés et loyaux, promouvant les obligations d’inclusion sociale de la CEB et partageant une vision commune pour faire croître le marché des obligations durables.
Bien entendu, le parcours est loin d’être terminé. En regardant vers l’avenir, nous voyons à la fois des perspectives intéressantes et des défis à relever. Si notre objectif premier reste de financer les besoins sociaux les plus urgents de nos pays membres, nous sommes également très conscients des dimensions environnementales de notre travail. Les crises récentes ont affecté de manière disproportionnée les populations les plus vulnérables, soulignant la nécessité d’une approche globale de l’agenda social inachevé. En réponse, la CEB s’est engagée à aligner tous ses prêts sur l’Accord de Paris, en veillant à ce que tous les projets le soient dès 2024.
Nous sommes bien conscients des risques sociaux associés à la transition vers une économie verte. Au fur et à mesure que cette transition progresse, elle est susceptible de créer de nouveaux groupes vulnérables qui auront besoin du soutien de la Banque. Le concept de transition juste prend dès lors de l’ampleur et nous nous engageons à aider les États membres à le mettre en pratique.
Dans cette optique, il n’est pas difficile d’imaginer que les marchés des obligations sociales et vertes iront de pair. Il sera de plus en plus difficile de parler de l’un ou de l’autre indépendamment. C’est pourquoi la CEB s’efforce de partager davantage d’informations sur ses évaluations environnementales et d’améliorer ses pratiques de reporting à l’avenir.
Au moment de conclure ce blog, je voudrais vous inviter à lire notre dernier rapport annuel sur les SIB. Le travail que nous accomplissons prend beaucoup plus de sens lorsque nous examinons son impact. Depuis 2017, grâce à nos SIB, nous avons financé des projets d’éducation grâce auxquels près de 3,7 millions d’étudiants ont eu accès à de meilleures équipements et, grâce aux prêts aux TPE-PME, environ 1,4 million de personnes ont pu conserver leur emploi. Près de 365 000 personnes vivent dans des logements sociaux financés par la CEB et près de 1 900 établissements de santé donnent accès à des soins de qualité.
C’est la différence tangible que peuvent faire 10 milliards d’euros d’obligations d’inclusion sociale.