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La CEB publie une étude sur la pauvreté énergétique en Europe

4 avril 2019

Paris – La Banque de Développement du Conseil de l’Europe (CEB) a publié sa dernière étude en date, qui dresse un état des lieux de la pauvreté énergétique en Europe et en examine les causes ainsi que les moyens par lesquels l’efficacité énergétique peut contribuer à la faire disparaître. Une analyse empirique quantitative explore les relations économiques et politiques complexes à même d’aider à réduire ce problème, qui ne devrait plus exister dans l’Europe d’aujourd’hui. 

La pauvreté énergétique est un problème persistant qui touche de manière disproportionnée les ménages européens les plus vulnérables. L’expression “pauvreté énergétique” n’a pas de définition universelle, mais elle signifie généralement que les ménages consacrent une part excessivement élevée de leurs revenus à l’énergie ou qu’ils n’ont pas les moyens financiers de répondre à leurs besoins énergétiques essentiels. Les causes de la pauvreté énergétique peuvent être multidimensionnelles et découlent :

  • de revenus faibles,
  • de logements de mauvaise qualité
  • d’appareils énergivores.

On estime qu’environ 30 millions de personnes souffrent de la pauvreté énergétique.  Les taux de pauvreté énergétique ont beau être les plus élevés dans les pays d’Europe du Sud, centrale et orientale, le problème touche en réalité l’ensemble de l’Europe. On observe une corrélation entre les taux élevés de pauvreté énergétique et la hausse :

  • des taux de personnes à risque de pauvreté,
  • de pauvreté alimentaire (c’est-à-dire, dans l’incapacité d’acheter des denrées alimentaires de base)
  • des taux de problèmes de santé autodéclarés.

Le prix de l’énergie et les niveaux des revenus influencent la consommation d’énergie à différents niveaux d’intensité et dans différentes directions.  À court terme, l’évolution du prix de l’énergie (qu’il s’agisse d’électricité ou de gaz) ou des niveaux de revenus des ménages a un impact faible sur la consommation d’énergie des ménages. Mais à long terme, la demande d’énergie des ménages a tendance à fluctuer davantage. Elle dépend ainsi des :

  • prix. Pour l’électricité, une augmentation de 1% du prix entraîne souvent une baisse de la consommation de moins de 1% (c'est-à-dire qu'elle est inélastique par rapport au prix). Cela peut signifier que les ménages dépensent plus d'argent pour un même niveau d'électricité. Pour le gaz, une augmentation de 1% du prix entraîne une baisse de plus de 1% de la consommation (donc élastique par rapport au prix), ce qui signifie que les ménages peuvent renoncer à utiliser le gaz comme source d'énergie si les prix deviennent trop élevés
  • revenus. Une augmentation des revenus à long terme est associée à une augmentation de la consommation d'électricité ou de gaz et devrait donc contribuer à réduire les taux de pauvreté énergétique.

Les gouvernements européens s’efforcent de mettre en œuvre davantage de politiques visant à promouvoir l’efficacité énergétique dans les foyers. Depuis une vingtaine d’années, l’efficacité énergétique revêt de plus en plus d’importance et le nombre de politiques associées a considérablement augmenté. Bien que de nombreux gouvernements continuent d’offrir des subventions au logement et à l’énergie pour contribuer, en partie, à la lutte contre les problèmes de pauvreté énergétique à court terme, la tendance à long terme qui privilégie l’efficacité énergétique permet d’améliorer la qualité des logements et de réduire le fardeau des coûts de l’énergie pour les ménages à faible revenu – ainsi que le besoin de subventions.

Les efforts déployés en faveur des énergies renouvelables constitueront un facteur déterminant dans la lutte contre la pauvreté énergétique lorsqu’ils s’accompagneront d’améliorations de l’efficacité énergétique des ménages.  L'énergie renouvelable est devenue plus courante comme source d’énergie des ménages. Avec les avancées réalisées dans les technologies des énergies renouvelables et le renforcement des capacités, la baisse du coût marginal des énergies renouvelables se poursuivra, et ces dernières deviendront ainsi une solution abordable de remplacement aux sources d’énergie conventionnelles.

L’analyse empirique présentée dans l’étude montre que les améliorations en matière d’efficacité énergétique et les politiques de réglementations associées contribuent à réduire la consommation d’énergie des ménages ainsi que les taux de pauvreté énergétique. Selon les résultats économétriques de cette étude :

  • une hausse de 10% du niveau de l’efficacité énergétique des ménages permettrait à ces derniers de réduire leurs dépenses en énergie de 2,4% à 7,1% ;
  • plusieurs années après que les gouvernements auront adopté et mis en œuvre des politiques établissant des normes réglementaires minimales sur l’efficacité énergétique des ménages, ces derniers pourraient voir leur consommation d’énergie baisser de 4,4% ;
  • les taux de pauvreté énergétique ont tendance à baisser de 2,1% lorsque les niveaux d’indice d’efficacité énergétique augmentent de 10%, ce qui illustre l’effet direct de l’efficacité énergétique sur la réduction de la vulnérabilité économique en matière d’énergie.

Fondée en 1956, la CEB (Banque de Développement du Conseil de l'Europe) compte 41 États membres, dont 22 pays d'Europe centrale, orientale et du Sud-Est formant les pays cibles de la Banque. En tant qu'instrument majeur de la politique de solidarité en Europe, la Banque finance des projets sociaux en mettant à leur disposition des ressources levées dans des conditions reflétant la qualité de sa notation (AAA auprès de Standard & Poor's, perspective stable, AA+ auprès de Fitch Ratings, perspective stable et Aa1 auprès de Moody's, perspective stable). Elle accorde des prêts à ses États membres, à des établissements financiers et à des autorités locales pour le financement de projets dans le secteur social, conformément à son Statut.

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    Cette étude montre que les améliorations en matière d’efficacité énergétique et les politiques réglementaires associées contribuent à la réduction de la consommation d’énergie par les ménages et à la baisse des taux de précarité énergétique Publié: mars 2019 Télécharger