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Mobiliser des financements pour les infrastructures sociales

Info parle avec Laurent Zylberberg, Directeur des relations institutionnelles, internationales et européennes à Caisse des Dépôts (CDC).

Laurent ZylberbergInfo: L’accompagnement des acteurs locaux dans leurs projets de développement est un défi majeur pour la Caisse des Dépôts (CDC). Comment le Groupe soutient-il les infrastructures sociales ?

LZ: Le financement du développement local, notamment par les infrastructures, est l’une des missions historiques du Groupe Caisse des Dépôts. Nous sommes notamment engagés dans le financement des infrastructures sociales qui sont cruciales à la fois pour maintenir la diversité territoriale et pour apporter aux citoyens les services clés essentiels au plus près du terrain. Notre soutien financier passe à la fois par des prêts et par des investissements en fonds propres. Ce sont les différentes directions de la Caisse des Dépôts qui sont mobilisées pour répondre à ces besoins. 

Dans le domaine du logement social, la Caisse des Dépôts est le premier financeur grâce à nos prêts. Notre filiale, la SNI, est le 1er bailleur social hébergeant près de 1 million de résidents. Nous sommes aussi très présents dans le domaine de la santé avec 96 prêts accordés à des projets d’établissements pour un total de près de 2 milliards d’euros depuis 2008.

Info: Promouvoir une croissance inclusive à travers le financement de projets d’infrastructure sociale est l’une des lignes d’action prioritaires de la CEB. Selon vous, quelles sont les possibilités de collaboration entre les deux institutions ?

LZ: Partenaires au sein de plusieurs associations comme l’Association européenne des investisseurs de long terme (ELTI), nos institutions se connaissent bien. Elles ont développé plusieurs projets communs dont le financement de logements très sociaux avec ADOMA, filiale de la SNI. Nous sommes en train d’examiner les possibilités de financement de prêts au bénéfice des foyers de jeunes travailleurs. Nous partageons des préoccupations communes essentielles visant à soutenir les politiques publiques dans le financement de projets à caractère social (logement social, infrastructures, développement urbain, éducation, santé…).

Info: En France et en Europe, quelle est la contribution que les institutions financières comme la CEB peuvent apporter à la réflexion sur le financement des infrastructures sociales, notamment dans les domaines de l’éducation, de la santé et du logement ?

LZ: Comme je l’indiquais, la CEB et la Caisse des Dépôts sont membres actifs de l’Association européenne des investisseurs de long terme. Au sein de cette association, nous avons initié un groupe de haut niveau présidé par Romano Prodi et Christian Sautter pour réfléchir aux modes de financement novateurs qui pourraient être mis en oeuvre en matière d’infrastructures sociales dans l’Union européenne. Ces travaux ont mobilisé de nombreux experts de haut niveau qui ont rédigé un rapport proposant une approche novatrice, lequel sera remis dans les prochaines semaines à la Commission européenne. 

Les institutions financières de long terme bénéficient d’une expertise en matière de financement ainsi que d’une connaissance fine de leurs marchés domestiques respectifs, caractéristiques qui devront être valorisées lorsqu’il s’agira de concrétiser les pistes recommandées par le rapport précité. Au demeurant la prolongation du Plan d’investissement européen (« Plan Juncker ») doit aussi permettre une plus large allocation de fonds aux infrastructures sociales. Apporter des réponses au financement des infrastructures sociales qui ont des externalités positives, un profil de risque maîtrisé pour un rendement raisonnable est, sans nul doute, un enjeu majeur pour des institutions comme les nôtres.