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Des efforts en commun pour une eau plus saine

La CEB a accordé un prêt de € 68 millions pour financer, à Nicosie, une usine de traitement des eaux usées à la pointe de la technologie, afin de répondre aux besoins en eau croissants des communautés grecque et turque de Chypre.

Mia Milia plant Nicosia
©UNDP
La pénurie d’eau a toujours été un grave problème pour Chypre. En raison d’un climat sec et de la grande insuffisance de ses eaux souterraines, les ressources en eau du pays reposent presque intégralement sur les précipitations.

Certes, il n’est pas rare pour Chypre de connaître deux ou trois années sèches consécutives. Cependant, les périodes de sécheresse sont devenues plus fréquentes sur l’île ces dernières années en raison du changement climatique. Ce phénomène, conjugué à une demande en eau croissante liée au développement du tourisme, aggrave le problème de la pénurie d’eau.

Des décennies d’initiatives pour l’eau

Depuis les années 1970, la CEB finance régulièrement des projets pour aider le pays à mieux gérer ses ressources en eau. Les fonds de la CEB ont ainsi servi à construire des barrages, et des réseaux d’irrigation et d’assainissement, ainsi qu’à approvisionner les communautés chypriotes en eau potable.

La politique de l’eau conduite par le gouvernement vise à optimiser l’exploitation des ressources en eau non conventionnelles, telles que l’eau recyclée. Depuis que Chypre a rejoint l’Union européenne, le pays a également mis en œuvre la Directive relative au traitement des eaux urbaines résiduaires, ce qui l’a amené à réaliser des investissements importants dans les infrastructures de traitement des eaux usées.

Cinq projets cofinancés par la CEB sont en cours à Chypre, dont deux concernent la création d’infrastructures de traitement des eaux usées dans les villes de Larnaca et Limassol. Durant ces dix dernières années seulement, la CEB a investi € 320 millions dans les infrastructures hydrauliques de l’île. 

Usines bicommunautaires de traitement des eaux usées

La pénurie d’eau transcende les frontières, et les deux communautés chypriotes en subissent les conséquences. 

Confrontées à ce problème commun, les communautés grecque et turque de Nicosie collaborent depuis des années pour gérer leurs ressources en eau. 

Lorsqu’une usine de recyclage des eaux usées a été construite dans le village de Mia Milia, situé au nord-est de Nicosie (au nord de la « ligne verte »), le projet a été salué comme un modèle de coopération bicommunautaire.

Cependant, avec le développement de la ville, l’usine de traitement des eaux usées de Mia Milia/Haspolat a commencé à connaître une surcharge importante, et ne parvenait plus à répondre aux besoins ni à faire face aux contraintes environnementales. La technologie devenue obsolète et le phénomène de saturation ont entraîné d’importants problèmes environnementaux pour les régions avoisinantes. Par ailleurs, les habitants des villes voisines de Nicosie subissaient des odeurs désagréables.

Compte tenu des prévisions de croissance dans le bassin hydrologique considéré d’ici 2025, il est devenu urgent de bâtir et mettre en service une nouvelle usine de traitement des eaux usées à Mia Milia. La CEB a financé cette initiative à l’aide d’un prêt de € 68 millions accordé au Conseil de l’assainissement des eaux usées de Nicosie.

Le projet avait plusieurs objectifs essentiels :

  • l’extension et la modernisation des réseaux d’assainissement et d’évacuation des eaux usées de l’agglomération de Nicosie pour améliorer la qualité de vie de la population ;
  • la protection du développement économique de l’une des principales zones touristiques et commerciales de Chypre ;
  • la protection de l’environnement, un atout majeur de l’industrie du tourisme.

Nicosia plant
©UNDP
Savvas Hadjineokleous, Directeur général de l’Office de l’assainissement des eaux usées de Nicosie, a déclaré que malgré les obstacles rencontrés au cours du projet “depuis la proposition initiale jusqu’au premier Accord principal en 2006, et durant les phases de conception, d’appel d’offres et de construction (…) les deux communautés ont continué de travailler conjointement, en collaboration avec l’entrepreneur-opérateur, afin d’assurer le bon fonctionnement de la station d’épuration.”

Comme l’a indiqué Mme Tiziana Zennaro, Directrice de programme au PNUD, partenaire de mise en œuvre du projet, “grâce à la mutualisation des ressources et de l’expertise technique, l’usine de traitement des eaux usées de Mia Milia est aujourd’hui l’une des stations d’épuration les plus grandes et les plus modernes d’Europe. Mais surtout, elle illustre parfaitement la manière dont les efforts conjoints des deux communautés ont contribué à assurer un avenir durable dans l’agglomération de Nicosie.”

Une solution de pointe

La nouvelle usine de traitement des eaux usées contribue à la protection de l’environnement et des ressources naturelles des deux communautés chypriotes. Cette station d’épuration moderne de haute technologie permettra de répondre aux futurs besoins en eau des deux communautés.

L’usine est dotée d’une technologie de traitement des eaux usées dernier cri, qui utilise des bioréacteurs à membrane. La technologie membranaire a recours à des processus physiques, chimiques et biologiques pour éliminer les polluants des eaux usées et permettre leur réutilisation en agriculture. L’usine de Nicosie est aujourd’hui la deuxième plus grande station d’épuration d’Europe à recourir à cette technologie.

Cette usine a la capacité de produire dix millions de mètres cubes d’eaux traitées par an. Ces eaux sont ensuite utilisées pour irriguer les terres agricoles. Elle produit également des boues d’épuration pouvant servir de fertilisant naturel. Elle est équipée d’un digesteur anaérobie et d’une unité de cogénération pour convertir le biogaz en électricité renouvelable. L’usine permet également de surveiller les niveaux de pollution dans le fleuve Pedieos.

Le projet en cours prolonge le soutien de la Banque en vue de fournir aux zones prioritaires de la ville de Nicosie des installations vitales d’assainissement et d’évacuation des eaux usées. La première phase du projet a permis de construire une nouvelle station d’épuration des eaux usées à Vathia Gonia, de tripler la capacité de traitement des eaux de l’usine d’Anthoupolis, de construire huit stations de pompage, et d’installer plus de 800 égouts latéraux et conduites de refoulement.

L’usine de traitement des eaux usées de Mia Milia en chiffres

  • 270,000

    personnes issues des communautés grecque et turque desservies

  • 30 000 m3

    d’eaux usées traitées chaque jour

  • 10 million m3

    d'eau recyclée chaque année qui peuvent servir a l'irrigation

  • 500

    de terres pourraient être irrigués chaque année avec de l'eau recyclée de cette plante

Pays concernés