Renforcer le tissu social en Europe

Pour la CEB, 2025 s’est avérée être une nouvelle année décisive, marquée par la poursuite résolue de son engagement à renforcer la cohésion sociale en Europe, tout en faisant preuve de leadership sur la scène internationale en présidant, pour la première fois, le Groupe des Dirigeants des BMD.

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Cette année a notamment été l’occasion de faire le point sur les progrès accomplis par la CEB à mi-parcours du programme ambitieux qu’elle s’est fixé dans son Cadre Stratégique 2023-2027, d’évaluer la voie à suivre alors qu’elle se prépare à célébrer son 70e anniversaire en 2026, et de garantir sa pertinence et son impact constants dans un contexte géopolitique et économique en mutation.

En donnant la priorité à trois axes d’action – Investir dans les personnes et valoriser le capital humain, promouvoir des cadres de vie inclusifs et résilients, et soutenir l’emploi et l’inclusion économique et financière – la CEB a régulièrement progressé vers les objectifs généraux du Cadre : aborder l’inclusion sociale de manière réactive, aider à l’intégration des populations déplacées et des migrants, et soutenir la reconstruction des infrastructures sociales vitales en Ukraine. En appliquant rigoureusement son “prisme de vulnérabilité” (un outil opérationnel qui permet à la Banque de mieux cibler ses investissements sociaux là où ils sont le plus nécessaires et de réaffirmer sa volonté d’aider les membres les plus défavorisés et marginalisés de la société) à ses opérations de prêt, tout en faisant progresser des questions transversales telles que l’égalité des genres et l’action climatique, la Banque s’est attachée à promouvoir l’inclusion et la cohésion sociale comme piliers de la résilience de l’Europe.

Guidée par le Cadre Stratégique, la CEB a obtenu des résultats solides au cours des trois dernières années entre 2023 et 2025 : elle a approuvé plus de 13,1 milliards d’euros de prêts pour 146 projets dans 34 pays, atteignant ainsi le volume de prêts indicatif de 4,3 milliards d’euros par an fixé dans le Cadre Stratégique. Plus de la moitié de ses projets de prêts étaient destinés à des Pays du Groupe Cible, afin de les aider à répondre à des besoins urgents en matière d’investissements sociaux.

2025: une année d’engagement sans faille

Forte d’une situation financière solide, la CEB a une nouvelle fois démontré son engagement sans faille à répondre à l’évolution des besoins de ses pays membres en matière de développement social. Elle a ainsi approuvé 54 nouveaux projets de prêts dans 26 pays en 2025, pour un total de 4,5 milliards d’euros, en mettant particulièrement l’accent sur les populations vulnérables.

Le soutien à l’Ukraine est resté une priorité stratégique, l’agression brutale de la Russie ne montrant aucun signe d’apaisement au cours de l’année (voir la page “La CEB et de l’Ukraine”).

Avec six projets de prêt, le soutien financier de la CEB à son tout dernier pays membre s’élève à plus de 570 millions d’euros sous forme de prêts et de dons depuis son adhésion en 2023. D’autres financements qui devraient être approuvés d’ici 2027 porteront le total à 1,2 milliard d’euros.

Parmi les exemples de projets de ce type en 2025, on peut citer un accord de prêt de 200 millions d’euros destiné à soutenir le programme d’aide du gouvernement ukrainien en faveur des personnes déplacées à l’intérieur du pays (PDI). Ce prêt, signé lors de la Conférence sur le redressement de l’Ukraine à Rome, est le plus important accordé par la Banque à l’Ukraine, et permettra de fournir un logement et des moyens de subsistance de base à plus de 1,2 million de personnes déplacées. En marge de cette même conférence, la CEB et l’Ukraine ont convenu d’un prêt de 100 millions d’euros pour le relogement urgent des Ukrainiens dont les habitations ont été détruites par la guerre.

Les dons versés au Fonds solidarité Ukraine (USF) créé en 2023 ont fourni une aide supplémentaire bienvenue. En 2025, l’Allemagne a versé 1,5 million d’euros supplémentaires, sa deuxième contribution à l’USF, qui porte à 6,6 millions d’euros le total des contributions de tous les donateurs à l’USF à la fin de l’année.

La CEB a également renforcé son financement aux pays voisins qui accueillent des réfugiés, notamment la Pologne, avec un nouveau prêt supplémentaire de 175 millions d’euros destiné à soutenir le Fonds d’aide polonais pour les citoyens ukrainiens bénéficiant d’une protection temporaire. Depuis 2022, la Banque a accordé environ 1,5 milliard d’euros de prêts et de dons pour aider les réfugiés ukrainiens et les populations qui les accueillent dans les pays membres de la CEB.

Plus largement, les projets de prêt de la CEB ont contribué à renforcer la cohésion sociale à travers l’Europe grâce à leur impact dans des secteurs sociaux essentiels tels que la santé et le médico-social, le développement rural, le logement social, les microentreprises et l’emploi, ainsi que la culture et les sports, notamment dans les Pays du Groupe Cible.

Une situation financière saine

La CEB a maintenu une situation financière solide tout au long de l’année 2025, malgré un environnement économique et géopolitique mondial difficile. Dans ce contexte, la Banque a enregistré une légère baisse de 2,6% de ses revenus nets de base, à 129,9 millions d’euros, ce qui reflète son approche prudente en matière de gestion d’actifs. La volatilité en dehors des revenus nets a affecté les marchés au second semestre. Néanmoins, au 31 décembre 2025, la CEB a réalisé un bénéfice net stable de 122,3 millions d’euros.

La solvabilité de la Banque est restée irréprochable, les principales agences de notation Moody’s, Standard & Poor’s, Fitch et Scope Ratings ayant toutes réaffirmé leurs notes de crédit de premier ordre avec des perspectives stables. Cette solidité financière, soutenue par une base de capital renforcée après la clôture réussie de la période de souscription pour la 7e augmentation de capital de la CEB en décembre 2024, a étayé le succès des activités sur les marchés des capitaux. La CEB a débuté l’année en émettant sa première obligation d’inclusion sociale (SIB) d’un montant de 300 millions de livres sterling en janvier 2025, une opération qui a permis de diversifier davantage les sources de financement de la Banque, tout en soulignant la confiance des investisseurs dans les investissements sociaux. Les SIB ont représenté plus de 40% du volume d’emprunt de la CEB en 2025, les émissions s’étant envolées pour atteindre un total d’environ 13,5 milliards d’euros depuis la mise en place du cadre des obligations d’inclusion sociale de la CEB en 2017.

Groupe des Dirigeants des BMD : donner la direction

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L’un des faits marquants de l’année a été la première présidence de la CEB au sein du Groupe des Dirigeants des banques multilatérales de développement (BMD), un forum de dialogue et de coordination réunissant les dirigeants des dix principales BMD et le Directeur général du FMI, qui vise à renforcer la collaboration à travers l’ensemble du système afin d’accroître l’impact et la portée des actions menées en faveur des pays membres. Ce travail revêt une importance croissante compte tenu des défis mondiaux urgents.

Lors de sa présidence, une fonction qui tourne chaque année, la CEB s’est employée à faire que le Groupe fonctionne comme un “système” unifié, tirant parti des forces individuelles et collectives pour relever les défis mondiaux et accélérer les progrès vers le développement durable. La Banque a fait preuve de leadership lors de réunions de haut niveau tout au long de l’année – en marge des réunions du FMI et du Groupe de la Banque mondiale à Washington DC, lors des sommets du G20 en Afrique du Sud et en tant qu’hôte de la toute première réunion du Groupe des Dirigeants des BMD à Paris –, au cours desquelles les BMD ont réaffirmé leur engagement à faire progresser la Feuille de route du G20 pour des BMD meilleures, renforcées et plus efficaces, approuvée par les dirigeants du G20 en octobre 2024. Au nom du Groupe des Dirigeants des BMD, le Gouverneur Monticelli a plaidé en faveur d’une augmentation de la capacité de prêt et d’un renforcement de la collaboration opérationnelle entre les BMD, et a recentré l’attention de l’ensemble du système sur les infrastructures sociales en tant qu’investissement stratégique pour la croissance inclusive, la création d’emplois et la résilience dans tous les pays et régions. La CEB a également coordonné les contributions des BMD et représenté le Groupe des BMD dans le cadre de son engagement dans le système des Nations Unies, avant et pendant la quatrième Conférence des Nations Unies sur le financement du développement à Séville, renforçant ainsi la cohérence des BMD en tant que Groupe et la visibilité de la CEB au sein du système multilatéral.

Sous la direction de la CEB, le Groupe des BMD a franchi des étapes significatives. Tout d’abord, la mise en œuvre de la feuille de route du G20 a progressé, avec le renforcement de la mobilisation des ressources nationales et du secteur privé, l’amélioration des mesures d’impact, la conclusion d’accords de délégation réciproque pour faciliter le cofinancement des BMD avec deux premiers accords conclus par la CEB avec la BEI et la Banque européenne pour la reconstruction et le développement (BERD), la contribution au portail de cofinancement des BMD, ainsi que le soutien à plus de 30 plateformes nationales destinées à adapter les efforts des BMD aux priorités nationales.

La révision du cadre d’adéquation des fonds propres a également été couronnée de succès, le Groupe ayant identifié une marge de manœuvre supplémentaire totale de 650 milliards de dollars US pour l’octroi de prêts dans tous les pays où les BMD opèrent au cours de la prochaine décennie.

La coordination et la publication du tout premier Rapport comparatif 2025 sur les BMD ont constitué une autre avancée majeure, en assurant la transparence et la comparabilité des situations financières et de la gestion financière dans l’ensemble du système des BMD, comme l’avait demandé le G20. La CEB a également coordonné la publication du rapport conjoint intitulé “Social Infrastructure in Focus: the Role of MDBs”, qui souligne la contribution essentielle des BMD au soutien des secteurs de la santé, de l’éducation, du logement, de l’eau et de l’assainissement. Ces secteurs sont vitaux pour la résilience et les Objectifs de développement durable (ODD), et représentent environ 22% des engagements des BMD sur la période 2019-2023.

La présidence du Groupe des Dirigeants des BMD a renforcé la visibilité et la position de la CEB au sein de l’architecture financière mondiale ainsi que son engagement auprès des autres BMD, du G20 et du système des Nations Unies, et a consolidé son importance en tant qu’acteur international dans le domaine de l’investissement social.

Coopérer pour davantage d’impact

La collaboration étroite entre la CEB et d’autres BMD traduit son fort engagement à renforcer les partenariats à plus grande échelle, notamment avec les pays donateurs, les organisations internationales, la société civile et le secteur privé, afin d’accroître ses compétences et générer davantage d’impact. La collaboration avec l’Union européenne (UE) a été essentielle. Par exemple, le programme phare InvestEU, a permis à la CEB de générer près de 620 millions d’euros de nouveaux financements destinés à des projets de développement social.

Parmi les autres points forts liés à l’UE, on peut mentionner la conclusion du programme Logement et autonomisation des Roms (HERO), une initiative pilote de quatre ans mise en oeuvre par la CEB avec des financements du Parlement européen et de l’Espagne, qui a favorisé l’inclusion des populations roms vulnérables en Bulgarie, en République slovaque et en Roumanie grâce à l’aide à l’emploi et à l’éducation financière).

La collaboration de la CEB avec la DG HOME de la Commission européenne dans le cadre du programme Partenariats et financements pour l’inclusion des migrants (PAFMI) représente une autre initiative qui a permis de former et d’accorder des microcrédits à plus de 3 000 migrants en Belgique, en Finlande, en Italie et aux Pays-Bas. La CEB continue de participer activement à l’initiative Finance en Commun (FiCS), un réseau stratégique de banques publiques de développement, et a défendu l’importance de l’investissement social lors du sommet FiCs 2025 en Afrique du Sud.

Afin de faire progresser les dimensions sociales de l’action climatique, la Banque a travaillé avec des institutions homologues à l’élaboration d’indicateurs et a lancé un appel à l’action en faveur de la résilience et d’une transition juste lors de la COP30 au Brésil en novembre. En décembre, la CEB a organisé un séminaire de haut niveau pour marquer le 10e anniversaire de l’Accord de Paris.

La CEB a poursuivi sa participation au Dialogue de Paris afin de promouvoir le développement durable aux côtés d’autres organisations basées à Paris, telles que l’OCDE et l’UNESCO.

Elle a également renforcé son influence technique au sein de l’Association internationale des marchés de capitaux (ICMA) en rejoignant le Comité exécutif qui établit la norme mondiale pour les marchés obligataires durables.

La conviction de la Banque en matière d’engagement citoyen et d’initiatives locales s’est traduite par la sixième édition du Prix CEB pour la cohésion sociale, qui a été remporté par Digital Twin, une organisation originaire de Türkiye, pour son travail dans le domaine de la préparation aux catastrophes.

Préparer la CEB pour l’avenir

La mission sociale de la CEB est plus pertinente que jamais et, pour répondre aux attentes de ses pays membres, elle a continué à prendre des mesures pour préparer et équiper l’institution aux défis futurs.

En 2025, elle a amélioré ses cadres de redevabilité afin de renforcer la conformité, l’évaluation indépendante et les fonctions d’audit interne, et a encore affiné ses outils de communication.

Dans un souci d’efficacité accrue et de préparation pour l’avenir, la CEB a poursuivi en 2025 la mise en oeuvre du Schema directeur des systèmes d’information approuvé en 2024, en modernisant et de digitalisant ses opérations internes, tout en améliorant la gestion des données et les outils collaboratifs, notamment grâce au déploiement d’un système intégré de planification des ressources d’entreprise (ERP), en mettant à niveau son système bancaire central et évaluant les possibilités offertes par l’intelligence artificielle. Ces avancées renforceront la capacité de la CEB à soutenir ses pays membres, et les aideront à apporter des améliorations concrètes pour les populations et les collectivités.

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