La banque du développement social en Europe

Apporter un mandat social sur les marchés de capitaux

En avril 2017, la CEB a émis sa première obligation d’inclusion sociale, mettant ainsi en place un nouveau moyen innovant de financer ses projets. Ce lancement a permis à la Banque d’afficher le rôle majeur qu’elle occupe sur le marché des obligations sociales. La CEB prévoit d’émettre des obligations d’inclusion sociale tous les ans.

JelisicMladenkaKoviljacKatarinaBranislav.jpgLes investissements socialement responsables ont gagné en importance sur les marchés de capitaux ces dernières années. Un marché obligataire visant à financer des projets à portée sociale a émergé et progresse, soutenu par un nombre croissant d’investisseurs qui ont commencé à prendre en compte les normes environnementales, sociales et de gouvernance dans leurs décisions d’investissement. 

Le mandat social à la fois explicite et exclusif de la CEB aligne naturellement la Banque sur ce segment du marché financier. Elle est ainsi particulièrement bien positionnée pour émettre des “obligations sociales” et en affecter le produit aux projets qui viennent à l’appui de ses objectifs stratégiques.  

“Les objectifs de l’institution et ceux du marché des obligations sociales concordent naturellement”, selon Arturo Seco Presencio, Directeur financier adjoint chargé des activités de financement de la CEB.

Obligation d’inclusion sociale

En avril 2017, la CEB a lancé sa première émission obligataire d’inclusion sociale d’un montant de € 500 millions, avec une échéance à sept ans, qui a suscité l’intérêt des investisseurs au-delà d’un milliard d’euros. Cette émission a fait suite à une série de réunions avec les investisseurs, à travers l’Europe, destinées à présenter le cadre des obligations d’inclusion sociale de la CEB (CEB’ Social Inclusion Bond Framework). Ce dernier a fait l’objet d’un second avis favorable de la part de l’agence de notation extra-financière spécialisée Sustainalytics. 

Conformément au cadre des obligations d'inclusion sociale précité, les produits de cette obligation seront réservés au financement de prêts éligibles en faveur du logement social, de l’éducation et de la formation professionnelle, ainsi que du maintien et de la création d’emplois dans les micros, petites et moyennes entreprises. 

Crédit Agricole CIB, Rabobank, DZ Bank et Goldman Sachs International sont intervenues en tant que banques chefs de file de cette transaction. Pierre Blandin, Directeur SSA DCM au Crédit Agricole CIB, seule banque à conseiller la CEB en matière de structuration, a déclaré : “Le Crédit Agricole CIB a été honoré de conseiller la CEB sur la structuration et le lancement de sa toute première émission d’obligations d’inclusion sociale. Le fait qu’un “pure player” comme la CEB apporte son leadership et son expertise constitue une étape clé dans le développement du secteur des obligations sociales.″ 

En émettant des obligations d’inclusion sociale pour financer le développement socio-économique en Europe, la CEB agit conformément à son mandat social et capitalise sur sa vaste expérience en matière d’investissements sociaux dans les collectivités européennes. À propos de la démarche, le Gouverneur de la Banque, Rolf Wenzel, a déclaré : “La CEB est fière de cette première émission. C’est un grand pas en avant pour la promotion de la cohésion sociale en Europe dans le cadre du nouveau Plan de développement 2017-2019 de la Banque.” 

Collaboration interne

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Arturo Seco Presencio, Deputy CFO, CEB
Qu’est-ce qui distingue les obligations sociales des émissions obligataires courantes? Les premières imposent aux émetteurs de rendre compte de la manière dont l’argent est dépensé et son impact. Conformément aux bonnes pratiques du marché et aux recommandations de l’Association internationale des marchés de capitaux (International Capital Markets Association, ICMA), la CEB s’est engagée à publier son Rapport sur l’inclusion sociale en 2018, un an après l’émission. 

Les exigences rigoureuses en matière de reporting dans le cadre des obligations sociales demandent une collaboration interne plus étendue que les opérations de financement courantes. Alors que la préparation de telles opérations requiert généralement l’assistance de diverse services, il a été essentiel cette fois pour la Direction financière de travailler main dans la main avec la Direction des Prêts et du Développement Social. 

“Grâce à une excellente coordination interne et à des équipes proactives à tous les niveaux, l’opération s’est déroulée sans accrocs. C’est un très bon exemple d’un travail d’équipe au service d’un objectif commun”, souligne M. Seco Presencio. 

Le fait que la CEB dispose déjà de mécanismes de suivi solides a grandement facilité le processus. Dans son évaluation du cadre de la CEB, Sustainalytics a particulièrement souligné la “fiabilité des processus de contrôles préalables pour collecter des informations significatives sur l’impact des interventions effectuées”.  

Solliciter de nouveaux investisseurs

L’un des objectifs de l’obligation d’inclusion sociale est d’élargir la base d’investisseurs, conformément à la stratégie de financement de la CEB. “Notre but est d’attirer autant de catégories d’investisseurs que possible. Cette démarche a suscité un vif intérêt chez des investisseurs qui d’ordinaire n’auraient pas participé à nos opérations courantes. Certains d’entre eux ne suivent pas seulement une optique durable, ils ont aussi une vocation strictement sociale”, explique M. Seco Presencio.  

Selon les conditions du marché, la CEB prévoit de lancer une obligation d’inclusion sociale par an. Cette année déjà, les € 500 millions de l’obligation sociale représentent un sixième du financement global de la Banque, soit un montant considérable. 

Leadership sur le marché

La CEB est membre de l’ICMA, une organisation cadre qui regroupe des émetteurs, des intermédiaires, des investisseurs et des fournisseurs d’infrastructures du marché financier de 60 pays du monde entier. La Banque fait partie du groupe de travail de l’ICMA sur les obligations sociales depuis sa création début 2016. La même année, l’ICMA a publié des directives à l’intention des émetteurs d’obligations sociales auxquelles la CEB a contribué. 

Selon Arturo Seco Presencio, la CEB y accorde de l’importance, non seulement pour accroître sa visibilité sur le terrain mais aussi pour pouvoir se positionner comme l’un des leaders sur ce segment. D’après lui, il existe un parallèle avec le marché obligataire vert, lequel, à l’initiative d’organisations supranationales, a ensuite attiré un large éventail d’émetteurs, dont des banques, des entreprises et des municipalités. “Nous voulons créer un élan similaire pour les obligations sociales et essayer d’orienter le marché vers notre objectif, à savoir améliorer la cohésion sociale en Europe”, conclut-il.

Obligation d’inclusion sociale en chiffres

  • € 500 millions

    montant total

  • € 1 milliard

    Intérêt des investisseurs

  • 0,125%

    Coupon annuel

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